De l’union du Coeur et de la Raison

Il est de bonne guerre d’opposer le Cœur à la Raison ou tout au moins de les éloigner l’un de l’autre. Pourtant, lorsque l’on aborde la question des inégalités économiques et sociales, on peut se demander s’il est vraiment raisonnable qu’une poignée de Terriens s’octroie la quasi-totalité du gâteau planétaire.

Le dernier rapport d’Oxfam en dit long sur ces inégalités en s’appuyant sur une kyrielle de chiffres et de comparaisons difficiles à imaginer par la simple raison tant ils relèvent d’une démesure insolente.

C’est ici que le Cœur et la Raison accordent leur violon pour faire prendre conscience à cette poignée d’individus de la dé-Raison qui consiste à s’accaparer la quasi-totalité des richesses produites par la planète et ses habitants, dans l’ignorance ou plutôt le mépris total des droits de l’Homme et de la Nature.

Là où la raison bat la mesure, le cœur pour respirer tout simplement appelle à plus d’équité par le partage des richesses. Leur promesse, des lendemains prospères pour l’Humanité et pas seulement pour leur petite personne et leurs proches.

Bernard Devert offre dans son message de Noël quelques raisons de ne pas désespérer en évoquant le Petit Prince …

« Il y a en chacun un Petit-Prince qui sommeille, une capacité d’émerveillement, ce secret pour entreprendre ensemble et mieux vivre ensemble. »

Je partage bien sûr mais comment faire pour que ces individus puissent sortir de leur sommeil et s’émerveiller pour d’autres richesses bien plus riches que tout ce qu’ils possèdent ?

Puisque la raison n’opère plus, tentons l’imagination …

Et je rêve d’un P’tit Prince des temps modernes qui oserait atterrir chez ces gens-là pour leur faire voir sa vision de notre bas-monde maltraité par leurs agissements qui vraiment ne les honorent pas.

Dans sa grande clémence, il les aiderait à guérir de leur cécité en leur dévoilant le secret confié par son complice le Renard …

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Il leur parlerait du langage sensible des fleurs, des arbres et tenterait de toucher leurs cœurs à coup de gros sanglots en rapportant les innombrables souffrances générées par leur inconscience sur la nature, ses amies les bêtes ainsi que sur les personnes humaines censées être leurs semblables.

Et joignant l’image à la parole, il leur montrerait un beau gâteau fort appétissant dessiné par l’Ami Antoine, découpé en seulement deux parts honteusement disproportionnées … une toute petite que devront se partager des millions d’âmes après qu’à l’image de Gargantua, ils se seront copieusement servis, s’attribuant l’autre part bien plus que de raison.

En écho au Père Bernard Devert dans son affirmation à la forme interrogative … « Qui n’a pas envie de naître à un autrement ? » il leur parlerait d’une autre richesse et d’un autre pouvoir, tournés vers l’Autre ceux-là, bien plus nourrissants que les fruits de leurs innombrables possessions matérielles et humaines … la richesse intérieure nourrie de cœur et de conscience et pour le pouvoir, celui de rendre les gens heureux et de redonner vie à leur environnement bien mal en point en ces temps modernes.

Et je suis persuadée que ces Maîtres du Monde, esclaves en réalité du Monarque Argent au point d’avoir perdu la Raison, seraient sensibles au discours de ce nouveau P’tit Prince. Sensibles aussi au gâteau dévoré par quelques gloutons au détriment de millions de mal-nourris. Avec à la clé, du moins pour certains, la conscience de la portée de leurs actes suivie de l’envie de réparer ce qui pourtant semblait irréparable.

Une consolation tout de même dans ce paysage bien éprouvant pour notre P’tit Prince si sensible … la découverte sur son trajet d’une petite forêt bien silencieuse et pourtant bien prometteuse avec ses graines d’espérance. Une forêt habitée par quelques-uns de ces « Maîtres », heureux de mettre leur savoir-faire au service du cœur et de la raison par des initiatives œuvrant pour le bien d’autrui et le bien commun.

Une bonne consolation aussi avec la découverte d’une autre belle forêt en croissance douce … la Finance solidaire avec ses quelques treize milliards d’euros non sonnants ni trébuchants ainsi que ses promesses d’avenir exprimées dans son message de vœux par Frédéric Tiberghien, Président de celle qui veille au bon grain, l’association Finansol.

Et dans cette même forêt, la Finance Responsable pour qui l’argent n’a de valeur qu’à la condition de respecter l’humain et son environnement. Ce n’est pas la finance qui est l’ennemi, rien ne peut se faire sans elle et notre P’tit Prince le sait bien. L’ennemi, c’est bien cette finance sans foi ni loi  qui piétine les droits de l’Homme et de la Nature pourtant si précieux pour la poursuite de notre Humanité.

Il ne resterait plus à notre P’tit Prince qu’à nous enseigner la façon dont nous pourrions parler aux fameux « Maîtres ». Sans nul doute, nous conseillerait-il de leur rendre visite la main tendue plutôt que de passer notre temps à déverser à distance des fontaines de haine verbale avec pour seul effet de renforcer leur surdité et de creuser chaque jour un peu plus le fossé existant.

Et je retrouverais ainsi dans les conseils du P’tit Prince des temps modernes le tracé du Chemin d’évolution de l’Humanité … de l’Adversité à l’Altérité, toute autre voie étant -selon mon coeur et ma raison- vouée à l’échec.

Ainsi parle mon imaginaire ! Et je garde espoir en me fiant à la parole d’un des plus grands scientifiques de tous les temps, Albert Einstein

« L’imagination est plus importante que le savoir. Le savoir est limité alors que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution. »

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Une bonne nouvelle inattendue … Mon rêve devenu réalité !

Quelle joie pour notre nouveau P’tit Prince de découvrir sur sa route dans un lieu nommé Davos un collectif de 121 millionnaires et milliardaires de tous horizons insurgés contre les inégalités criantes qui empoisonnent la vie sur terre au point de la rendre invivable pour la moitié des habitants cherchant ne serait-ce qu’à survivre avec moins de cinq euros par jour.

Se présentant comme « la classe d’êtres humains la plus privilégiée qui ait jamais marché sur terre« , ces richissimes à l’écoute du coeur et de la raison appellent leurs semblables pleins aux as à accepter de se départir de quelques-unes de leurs bonnes cartes au bénéfice des classes les moins chanceuses de l’humanité.

Une belle illustration de la forêt qui pousse en silence … bien réelle celle-ci.

Espérons d’autres bonnes nouvelles dans les temps à venir ! A suivre en maintenant le cap de l’optimisme.

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